people running on gray asphalt road during daytime

Course à pied amateur : entre dépenses et avantages

Geoffrey LASSALLE

3/21/20234 min read

La course à pied est souvent présentée comme une pratique sportive simple et accessible. Pourtant, derrière cette image se cachent des réalités économiques très différentes selon les profils de coureurs, les spécialités pratiquées ou encore le niveau d’investissement dans la compétition.

Cet article propose une synthèse accessible des principaux résultats d’une recherche scientifique publiée dans la revue Loisir et Société / Society and Leisure. Réalisée auprès de plus de 1 100 athlètes français, cette étude avait pour objectif d’analyser les dépenses engagées par les coureurs amateurs, mais aussi les différents avantages dont certains peuvent bénéficier dans leur pratique sportive.

Une étude menée sur plus de 1000 athlètes

L’enquête porte sur 1 132 athlètes, issus de 33 épreuves de l’athlétisme, réparties sur tout le territoire français. Nous avons exclu de cet échantillon les Sauts et les Lancers pour ne retenir que les familles athlétiques liées à la course. Celles-ci représentent un échantillon de 584 athlètes dont 145 sprinteurs (24,83 %), 168 demi-fondeurs (28,77 %) et 271 fondeurs (46,40 %). Chacune de ces familles renvoie à une logique socio-économique de fonctionnement différente. Nos résultats montrent que ces familles sont construites de façon complexe en fonction des différentes variables qui caractérisent les athlètes.

Quelques résultats sur les dépenses :

Le sexe influence les dépenses des athlètes. De manière générale dans le cadre de leurs pratiques sportives les femmes dépensent moins d’argent que les hommes. Les résultats de cette étude vont dans le même sens et montrent que les femmes dépensent moins que les hommes pour leurs équipements, leurs déplacements et leurs inscriptions aux compétitions. Cela peut s’expliquer par le fait qu’elles sont moins portées sur la compétition que les hommes (Recours, Souville, et Griffet, 2004). Or les athlètes les plus portés sur la compétition sont également ceux qui dépensent le plus d’argent dans leur pratique sportive (Mullin, Hardy, et Sutton, 2014).

Selon la sous-culture d’appartenance des athlètes, les dépenses en équipements, déplacements et inscriptions aux compétitions sont différentes. En effet, plus la course est longue, plus ces trois postes de dépenses sont élevés.

Achats d’équipement :

Les sprinteurs utilisent des pointes qui s’usent et se déforment très lentement, contrairement aux chaussures de running qu’utilisent les demi-fondeurs et les fondeurs qui ont une durée de vie beaucoup plus courte, entre 500 et 700 kilomètres de course (Fredericson, 1996). La durée de vie des chaussures oblige donc les demi-fondeurs et les fondeurs à acheter plusieurs paires de chaussures par an. Cela explique que le budget chaussure est plus élevé chez les fondeurs et demi-fondeurs.

Frais de déplacements :

En sprint et en demi-fond, les épreuves se déroulent généralement à proximité, et les déplacements sont organisés. Les coureurs de fond, eux font du tourisme sportif en associant leurs usages du sport à un déplacement. Ils participent à des courses dans leur département de résidence, mais aussi à plusieurs milliers de kilomètres de chez eux.

Droit d’inscription :

Les compétitions hors stade (demi-fond et fond) sont dans 99 % des cas payantes alors que les courses se déroulant sur stade (sprint, demi-fond), sont gratuites.

Quelques résultats sur les avantages :

56,34% des participants à l’étude bénéficient d’au moins un avantage. Dans la pratique de la course à pied, l’avantage le plus présent est celui du remboursement des frais de déplacement qui touche 35,41 % des athlètes, suivi des invitations (12,47 %), du sponsor équipement (11,54 %) et des primes (6,90 %).

Frais de déplacements:

Contrairement aux fondeurs qui ont un mode de déplacement individualiste. Les sprinteurs font prioritairement leurs déplacements en covoiturage. Ils permettent de diminuer largement les frais liés aux trajets (Roy, 1987). Les clubs soutiennent ces pratiques et remboursent ou prennent en charge les frais qui y sont liés.

Pour les autres avantages, le niveau d’expertise de l’athlète joue un rôle. Ces avantages ciblent un profil d’athlète amateurs bien particulier que l’on trouve en demi-fond.

Le sponsoring :

Les sponsors sponsorisent plus facilement les demi-fondeurs, car ces derniers participent à des compétitions sur les stades, mais aussi hors stade.

Les primes et les invitations :

Elles sont attribuées par un club ou l’organisateur de la course afin de promouvoir celle-ci (McCracken, 1989). Les athlètes invités sont des athlètes ayant un niveau régional/interrégional. Ils sont également connu d’un grand nombre de coureurs. Ces coureurs sont principalement utilisés dans le cadre de ce qu’on appelle le « celebrity marketing » (Erdogan, 1999).

Bibliographie :

Lassalle G., Recours R., & Griffet J., (2016). Que gagnent et que dépensent les amateur-trice-s de course à pied? Loisir et société/Society and leisure, 39(2), 224-237.